Soirée théâtre au TNP pour les prépas
Mercredi 12 octobre, vingt étudiants de la CPGE Condorcet sont allés voir au TNP de Villeurbanne Une petite affaire, l’adaptation scénique par Camille de la Guillonnière et Jean Bellorini du prodigieux roman Seul dans Berlin d’Hans Fallada.
Inspiré d’une histoire vraie, consignée dans un dossier de la Gestapo, le roman raconte le destin tragique d’un couple de Berlinois, les Quangel (dans la réalité, les Hampel), qui après la mort de leur fils unique tombé au front, décident de résister à la folie hitlérienne. Dans un Berlin pétrifié par la terreur, ils déposent dans des cages d’escalier 285 cartes postales qui dénoncent la veulerie du régime. Arrêtés, torturés, ils sont condamnés à la guillotine à l’issue d’une parodie de procès.
Camille de la Guillonnière a resserré en une épure d’une heure trente la volumineuse intrigue à la fois burlesque, tragique et épique du roman de Fallada. L’action se concentre sur l’annonce de la mort du fils, la décision de résister, le procès et le martyre des époux. La mise en scène, délibérément sobre et distanciée, circonscrite dans un décor de poutres métalliques qui symbolise la coercition totalitaire, culmine dans la scène kafkaïenne du procès où les vociférations ordurières, délirantes et démoniaques du Procureur révèlent toute la perversité du Troisième Reich.
Conformément au roman − bien que le dénouement ait été en réalité plus désespéré − la pièce se termine sur le happy end de l’amour infrangible des époux, dont l’attachement s’est renforcé et purifié à mesure de l’épreuve. Le spectacle s’achève sur une poignante oraison funèbre entonnée au trombone par quatre musiciens vêtus de noir : hommage posthume rendu à deux individus morts dans une déréliction totale, engloutis dans les geôles sordides de la Gestapo.
La réaction enthousiaste de l’ensemble du public et de nos étudiants a apporté un démenti rassérénant au Procureur Nazi : les Qanguel ne sont pas tout à fait morts pour rien. Toute la troupe à travers ce spectacle a pu redonner voix aux Hampel et instruire, dans l’enceinte du théâtre, un nouveau procès où, cette fois, le jury ne s’est pas trompé dans l’attribution des responsabilités et la formulation du verdict.
Merci à M. Girard, professeur de culture générale, d'avoir organisé la sortie!