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L'IA dans la communication : amie ou ennemie ?

Par admin condorcet, publié le vendredi 22 mai 2026 17:01 - Mis à jour le vendredi 22 mai 2026 17:01
Le 21 avril 2026, les étudiants du BTS communication du lycée Condorcet ont eu l'opportunité de rencontrer Bruno Champauzac, ingénieur pour l’école du Groupe Thales.

Dans un monde de plus en plus connecté, l'IA bouleverse non seulement la manière dont nous interagissons mais aussi la façon dont nous comprenons notre environnement numérique de travail. L'impact est déjà notable et lintelligence artificielle bouleverse les métiers de la communication. 

LIntelligence artificielle, un outil puissant, novateur et capable danalyser une très grande quantité de données en quelques secondes (IA Analytique), de produire du contenu (IA Générative) et même danticiper certains éléments ou comportement (IA Prédictive). Aujourdhui, lIA sest imposée dans le quotidien, que ce soit pour rédiger un mail, résumer un texte ou trouver des idées : elle est devenue indispensable et accessible à tous. Dans certaines entreprises, elle est même utilisée pour répondre aux clients, elle permet d’être plus productif et d’éviter certaines erreurs. Mais, cette rapidité a un revers : le ton est neutre, les phrases se ressemblent et la personnalité disparaît. On assiste à une forme duniformisation de la communication où tout est maitrisé et moins humain : pas toujours aussi sympathique quil ny paraît. 

Cette facilité dutilisation donne limpression que tout devient plus possible et sans trop defforts.  Cela peut encourager une forme de paresse intellectuelle appelée parfois « l’économie de la flemme ». Plutôt que de réfléchir ou de chercher par lui-même, lhomme perd progressivement des compétences notamment les fameuses softkills … pourtant très appréciées en entreprise. A force dutiliser lIA de manière substitutive, elle devient un faux allié remplaçant au lieu daccompagner. Flaubert, écrivain du XIXe,  craignait que les nouvelles technologies d’écriture (la plume en fer) « fassent perdre leur âme » aux auteurs. Aujourdhui cette inquiétude revient avec lIA. Le propos de M. Champauzac et des étudiants et de léquipe pédagogique du BTS Communication n’était pas doublier que le processus dinnovation cher à Schumpeter a montré ses effets positifs en terme de développement et création de valeurs, mais bien de comprendre  et denvisager lIA avec tous ses atouts et …tous ses biais.

Contrairement à ce que cela pourrait laisser croire, l'IA fonctionne grâce à des algorithmes qui ne sont pas neutres. Deux IA différentes ne livreront pas la même réponse car elles ont été  entrainées à « réfléchir » à partir des choix de conception faits par des personnes, des entreprises, des Etats. 

LIA ne peut penser par elle-même. Les biais cognitifs sont forcément des facteurs dinfluence de la qualité des réponses fournies par loutil IA et sur lesquels les utilisateurs doivent être plus formés. LIA ne sait pas dire « je ne sais pas », elle utilise des mots issus du champ lexical de l’émotion mais ne ressent pas. Elle rassure, flatte en commençant les réponses aux prompts par « Oui, cest bien cela mais …», « tu as tout à fait compris, pourtant … », …LIA imite la communication humaine mais ne la vit pas.

Ainsi, même dans ses travers, lIA peut sembler très humaine  mais si on souhaite que l'être humain reste le communiquant, il doit définir les limites et lusage de ce formidable outil tenu à sa disposition. La question interroge et renvoie à la dialectique du maitre et de lesclave de Hegel, de laliénation de lhomme par la machine de Marx… Certaines œuvres de fiction avaient anticipé ces questions, comme le film : 2001, lOdyssée de lespace, montre une intelligence artificielle prenant une place trop importante face aux humains.  Sans aller jusque-là, on peut déjà constater linfluence grandissante de lIA.

Pour ceux qui ne serait pas férus de géopolitique, de sociologie, dart cinématographique, de philosophie … reste un dernier argument. LIA a aussi un impact écologique important (92 000 prompts sur une IA représentent environ 31 tonnes de CO2) : il est donc important de comprendre que ce nest pas lordinateur face à face avec son utilisateur qui répond mais des serveurs situés sur toute la planète, générant des kilomètres de transmissions et échanges de données. Chacun doit réfléchir à utiliser loutil de manière responsable avec des demandes claires, précises en limitant les échanges au nécessaire et en étant efficient… cela sapprend. La rencontre a été ponctuée dexercices, de mise en situation dapprentissage générant des interactions de grande qualité selon lintervenant qui a témoigné avoir passé un excellent moment au contact des étudiants.

En conclusion, lIA représente une opportunité et un défi. Elle améliore linformation, la communication est plus accessible et plus rapide, mais elle peut appauvrir les échanges et les compétences si elle est utilisée sans recul. Tout dépend de la place et de lusage que lhumanité choisira den faire. Lhomo habilis devenu homo sapiens montre depuis toujours sa capacité à penser, à créer et à apprendre. A l’ère de l’homo numericus, lintervention de B. Champauzac au lycée Condorcet devant une classe de futurs diplômés en Communication participe à cet apprentissage.